Journée des océans : pourquoi il est (aussi) important d’agir depuis Paris

On nous demande souvent la raison de notre présence à Paris. C’est vrai, nous sommes éloignés du littoral. Et pourtant, il est bien plus près qu’il n’y parait.

80% des déchets que l’on retrouve dans les mers et océans ont une origine continentale. Le mégot tombé dans la Seine ou le sac plastique qui s’envole ont ainsi toutes les chances de se retrouver dans les rivières, la Seine puis en mer du Nord. Là, ils finiront par se décomposer dans les fonds marins.

Le mégot figure parmi les déchets les plus féroces. La Propreté de Paris a calculé qu’il faut en moyenne 8 litres d’eau pour le faire disparaitre des trottoirs. Mais s’il disparaît de notre vue, il ne disparaît pas pour autant. Il fuit et file. Trop fin, il ne peut être traité en station d’épuration. De la même manière, quand il est jeté sur le trottoir et qu’il se retrouve dans la Seine, il passe à travers les mailles des barrages flottants. Dans les deux cas, il se dégrade et libère près de 400 agents toxiques. Un mégot pollue à lui-seul près de 500 litres d’eau.

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Un certain nombre d’autres polluants ne peuvent être traités ou capturés. Le service d’assainissement parisien estime que l’eau rejetée dans le milieu naturel reste à 10% polluée à la sortie de ses stations d’épuration.

Parmi ces polluants, on trouve notamment :
– les médicaments jetés dans les toilettes qui sont autant de perturbateurs endocriniens pour les espèces animales
– le coton tige dont on se débarrasse également dans les toilettes et qui se retrouve sur le littoral suite aux débordements des stationssurfrider-foundation-europe-initiatives-oceanes-2015-quatre-grands-types-de-dechets-641
– les pesticides et engrais qui s’échappent de nos jardins
– les produits d’entretien et phosphates des lessives qui mettent in fine la flore en péril
– les restes de peintures et produits de nettoyage (white spirit…) jetés à même l’évier
– les microbilles de plastique des cosmétiques, shampoings et produits exfoliants emportées par l’eau de la douche et qui seront ingurgités par les poissons

… On s’arrête là même si la liste est encore longue puisque plusieurs centaines de milliers de nouveaux polluants et micro-polluants sont créés chaque année par l’industrie. Et on connait encore mal leurs effets sur les organismes.

La situation est d’autant plus préoccupante les jours de pluie. L’eau lessive alors les trottoirs, emportant les déchets présents mais aussi les hydrocarbures et huiles des voitures ruisselant sur la chaussée. L’eau polluée se retrouve en quantité dans des canalisations trop peu volumineuses car également empruntées par les eaux usées des particuliers (on parle de « système unitaire »). Le trop plein s’échappe. Ainsi, un excès de plusieurs millions de mètres cubes se retrouve chaque année directement déversé dans les rivières sans aucun retraitement.

Voici donc pourquoi, jeter à Paris, et en particulier jeter par terre, c’est jeter en mer. Mais si nous sommes un partie du problème, nous sommes surtout la solution. Chaque geste compte pour la nature. Nous pouvons agir simplement et ensemble. Ici, pour là bas. Aujourd’hui, pour demain.

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